Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/855

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l’homme brave et éclairé ou le timide ? — Le timide. — Et l’oisif, n’agit-il pas moins que l’actif ? — Oui. — Et l’homme lourd moins que [281d] l’agile, et celui qui a la vue basse et l’ouïe dure moins que celui qui les a bonnes ? — Après que nous fûmes convenus de tout cela, j’ajoutai : En général, Clinias, il paraît que tous les biens que nous avons nommés tels dans le commencement, ne peuvent pas être considérés comme des biens en eux-mêmes ; qu’au contraire, s’ils sont au pouvoir de l’ignorance, ils sont pires que les maux contraires, parce qu’ils fournissent plus de moyens d’agir au sot qui les possède ; mais ils ne sont préférables que s’ils sont accompagnés de lumières et de sagesse ; en eux-mêmes [281e] ils ne doivent passer ni pour bons ni pour mauvais. — Il me semble que tu as raison, dit Clinias. — Que conclurons-nous donc de tout ceci ? Qu’en général rien n’est bon ni mauvais, excepté deux choses, la sagesse qui est un bien, et l’ignorance un mal. — Clinias l’avoua. — [282a] Maintenant, lui dis-je, passons plus avant. Puisque chacun veut être heureux, si pour l’être nous avons vu qu’il faut user des choses et en bien user, et que leur bon emploi et le succès nous viennent de la science, tout homme doit, autant que possible, et de toutes ses forces, chercher à se rendre le