Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/858

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pés ; car il est vrai, Criton, qu’il nous dit des choses admirables, qui méritent d’être entendues de toi, tant elles étaient capables d’exciter à la vertu ! — Dis-moi, Socrate, et vous tous, qui désirez, dites-vous, que ce jeune homme soit vertueux, n’est-ce qu’un jeu de votre part, ou le souhaitez-vous tout de bon et sérieusement ? — Il me vint alors dans l’esprit que ces étrangers pourraient bien avoir cru, quand nous les avions priés d’entretenir Clinias, que nous avions plaisanté et que pour cela ils n’avaient fait aussi que badiner. [283c] Je me hâtai donc de répondre qu’assurément c’était tout de bon. — Prends garde, Socrate, reprit Dionysodore, que tu ne nies bientôt ce que tu affirmes présentement. — Je sais bien ce que je dis, répondis-je, et je suis sûr que je ne le ferai pas. — Que dites-vous donc ? vous souhaitez qu’il devienne sage ? — Cela même. — Et maintenant Clinias est-il sage ou ne l’est-il pas ? — Il dit qu’il ne l’est pas encore, car c’est un garçon sans vanité. — Vous [283d] voulez donc, reprit-il, qu’il soit sage, et non pas ignorant ? — Oui. — Vous voulez donc qu’il devienne ce qu’il n’est pas, et qu’il ne soit pas ce qu’il est ? — A ces mots j’étais déjà tout embarrassé. Dionysodore, profitant de mon trouble, reprit aussitôt : Puisque vous voulez que Clinias