Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/863

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Dionysodore s’imagine que je suis en colère contre lui, point du tout, je ne fais que repousser ce qu’il m’attribue à tort dans ses discours. Il ne faut pas appeler injure, Dionysodore, ce qui n’est que contradiction : injurier est tout autre chose. — Là-dessus, Dionysodore prit la parole, et dit : Tu parles, Ctésippe, comme si c’était quelque chose que contredire. [285e] — Assurément oui, répondit-il ; mais toi, Dionysodore, est-ce que tu ne le crois pas ? — Tu ne me prouveras jamais que tu aies entendu deux hommes se contredire l’un l’autre. — Soit ; mais voyons si Ctésippe ne te le prouvera pas aujourd’hui en contredisant Dionysodore. — T’engages-tu à me rendre raison de cette prétention en me répondant ? — Assurément. — Ne peut-on pas parler de toutes choses ? — Oui. — Comme elles sont, ou comme elles ne sont pas ? [286a] — Comme elles sont. — Car, s’il t’en souvient, Ctésippe, nous avons prouvé tout a l’heure que personne ne dit ce qui n’est pas ; on n’a pas encore entendu dire un rien. — Eh bien, reprit Ctésippe, nous contredisons-nous moins pour cela, toi et moi ? — Nous contredirions-nous si nous savions tous deux ce qu’il faut dire d’une chose ? ou plutôt ne dirions-nous pas alors tous deux la même chose ? — Ctésippe l’a-