Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/864

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voua. — Mais nous contredisons-nous, quand ni l’un ni l’autre nous ne disons point la chose comme elle est, ou n’est-il pas plus vrai qu’alors ni l’un ni l’autre ne parle de la chose ? — Ctésippe l’avoua encore, — Mais quand je dis ce qu’une chose est, et que tu dis [286b] une autre chose, nous contredisons-nous alors ? ou plutôt ne parle-je pas, moi, de cette chose, tandis que toi, tu n’en parles pas du tout ? Et comment celui qui ne parle pas d’une chose pourrait-il contredire celui qui en parle ? — A cela, Ctésippe resta muet. Pour moi, étonné de ce que j’entendais : Comment dis-tu cela, Dionysodore ? lui demandai-je ; j’ai souvent entendu [286c] mettre en avant cette proposition, et je l’admire toujours. L’école de Protagoras[1] et même de plus anciens philosophes s’en servaient ordinairement. Elle m’a toujours semblé merveilleuse, et tout détruire et se détruire elle-même. J’espère que tu m’en apprendras mieux qu’un autre la vraie raison. On ne peut pas dire des choses fausses : c’est là le sens de la proposition, n’est-ce pas ? Il faut nécessairement que celui qui parle dise la vérité, ou qu’il ne dise rien du tout ? — Dionysodore l’avoua. — [286d] Veut-on dire par là qu’il est impossi-

  1. Voyez le Théétète, t. II.