Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/884

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n’interroge jamais. [295c] — Mais tu entends quelque chose à ce que je demande ? — Oui. — Réponds donc à ce que tu entends. — Mais, lui dis-je, si en m’interrogeant tu as une chose dans l’esprit, et que j’en entende une autre, et que je réponde à ce que j’entends, seras-tu satisfait de réponses étrangères à la question ? — Cela me suffira, dit-il ; mais non pas à toi, à ce qu’il paraît. — Je ne répondrai donc point, par Jupiter, m’écriai-je, que je ne sache ce que l’on me demande. — Tu ne réponds pas à ce que tu entends, car tu ne dis que des sottises, et tu fais le niais mal-à-propos. [295d] — Je vis alors qu’il était irrité contre moi pour avoir démêlé les mots dans lesquels il voulait m’envelopper. Il me souvint aussitôt de Connos, qui se fâche toujours quand je ne lui obéis pas, et finit par me laisser là comme un homme indocile. Étant doue résolu de fréquenter ces étrangers, je crus que je devais leur obéir, de peur qu’ils ne me repoussassent comme un entêté, et je dis à Euthydème : [295e] Eh bien, si tu le trouves bon de la sorte, faisons ce qu’il te plaira ; tu connais mieux que moi les lois de la dispute, car tu y es maître, et moi j’y suis entièrement neuf. Reprends donc tes interrogations dès le commencement. — Réponds-moi, dit-il : ce que tu sais, le sais-tu par le moyen de quel-