Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/883

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


peu que vous savez tout, ou si vous le savez de tout temps ? — De tout temps, répondit-il. — Quoi ! dès votre plus tendre enfance, et aussitôt que vous êtes nés, vous saviez tout ? — Tout, répondirent-ils l'un et l'autre. [295a] Cela nous parut tout-à-fait incroyable. Alors Euthydème, s'adressant à moi : Tu ne nous crois pas, dit-il, Socrate ? — Je ne crois qu'une chose, c'est que vous êtes fort habiles. — Si tu veux me répondre, dit-il, je te ferai avouer à toi-même ces admirables choses. — Oh ! répondis-je, je serai bien aise d'en être convaincu ; car jusqu'ici j'ignorais ma science, et si tu me fais voir que je sais tout et que je l'ai toujours su, quel bonheur plus grand pourrait m'arriver dans cette vie ? — Réponds-moi donc. — Interroge ; je répondrai. [295b] — Eh bien, Socrate, es-tu savant en quelque chose, ou en rien du tout ? — En quelque chose. — Et est-ce par ce qui fait que tu es savant, que tu sais, ou par quelque autre chose ? — Par ce qui fait que je suis savant, car tu veux parler de mon âme, n'est-ce pas ? — N'as-tu pas honte, Socrate, d'interroger quand on t'interroge ? — Soit, répliquai-je ; mais que veux-tu que je fasse ? Je ferai tout ce que tu voudras ; quoique je ne sache pas ce que tu me demandes, tu exiges que je réponde et que je