Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/886

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pond-moi : pourrais-tu savoir toutes les choses, si tu ne savais pas tout ? — Impossible, répondis-je. — Alors il me dit : Ajoute maintenant ce qu’il te plaira, tu m’as avoué que tu savais tout. — En effet, lui dis-je, s’il ne faut tenir aucun compte de ce que je sais, il paraît que je sais tout. — Or, tu as aussi avoué que tu sais toujours par le moyen par lequel tu sais, soit quand tu sais, soit de quelque autre manière que tu le voudras prendre ; tu as donc avoué que tu sais toujours et que tu sais tout. Il est donc évident que tu savais étant enfant, [296d] quand tu es né, et quand tu fus engendré ; même avant que de naître et avant la naissance du monde, tu as su toutes choses, puisque tu sais toujours ; et, par Jupiter, tu sauras toujours et toutes choses, si je le veux. — Incomparable Euthydème, lui dis-je, veuille-le, je t’en prie, si toutefois tu dis la vérité. Mais je crains que tu n’en aies pas la force, à moins que ton frère Dionysodore n’y consente, aussi bien que toi ; mais s’il le faisait, cela pourrait être. Dites-moi, cependant [296e] (car d’ailleurs je ne saurais vous contester que je ne sache tout, à vous qui êtes d’une sagesse plus qu’humaine ; il faut le croire, puisque c’est vous qui le dites), dis-moi, Euthydème, comment je peux prétendre que je sais que les gens de bien