Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/891

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Oui, et qui sont aussi méchans que lui. — N'est-ce pas le chien qui est leur père ? — Oui, je l'ai vu de mes propres yeux, lorsqu'il couvrit la chienne. — Ce chien n'est-il pas à toi ? — Oui. — Le chien est père, et à toi, il est donc ton père : ainsi te voilà frère de ses petits. — Dionysodore se hâtant de poursuivre, de peur d'être devancé par Ctésippe, lui dit : Réponds-moi encore deux mots : bats-tu ce chien ? [299a] — Ctésippe lui repartit en riant : Oui, par les dieux, je le bats, et voudrais bien te pouvoir battre aussi. — Tu bats donc ton père ? — Ces coups de bâton, dit Ctésippe, conviendraient bien mieux à votre père, pour avoir mis au monde des enfans si sages. Mais, Euthydème, votre père, qui est aussi celui des petits chiens, a sans doute tiré de grands biens de votre merveilleuse sagesse. — Il n'a pas besoin de beaucoup de biens, Ctésippe, ni toi non plus. — Et toi de même, Euthydème ? — Comme tous les autres hommes. Dis-moi, [299b] Ctésippe, ne crois-tu pas que ce soit un bien à un malade que de prendre une potion quand il en a besoin, ou non ? ou à un homme qui va au combat, de porter des armes ? — Je l'accorde, et pourtant je m'attends que tu en vas tirer de belles conséquences ! — Tu vas en juger ; mais cependant réponds-moi. Puisque tu avoues qu'il