Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/893

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


le ventre, un talent dans la tète, et un statère d'or dans chaque œil. — On dit en effet, Euthydème, reprit Ctésippe, que parmi les Scythes, ceux-là sont estimés les plus riches et même les plus gens de bien qui ont le plus d'or dans leurs crânes[1], pour parler comme toi, qui disais tout à l'heure que le chien était mon père ; ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est qu'ils boivent dans leurs crânes dorés, qu'ils voient dedans, et tiennent leurs fronts dans leurs mains. [300a] — Euthydème reprenant la parole : Un Scythe ou un autre homme, Ctésippe, voit-il ce qu'il peut voir, ou ce qu'il ne peut pas voir ? — Il voit ce qu'il peut voir. — Et toi aussi, Ctésippe ? — Et moi de même. — Ne vois-tu pas nos habits ? — Oui. — Ils sont donc en vue, et ils ont de la vue[2]? — A merveille ! dit Ctésippe — Et quoi ? demanda Euthydème. — Rien. Tu

  1. Euthydème avait dit : Le chien, père de ton chien, est à toi, c'est un père à toi, donc il est ton père. De même ici Ctésippe, pour se moquer d'Euthydème, dit que les Scythes mettent de l'or dans les têtes de leurs amis ou parens ou même ennemis qu'ils possèdent, qui sont à eux, c'est-à-dire dans leurs têtes. — Sur cette coutume des Scythes, voyez Hérodote, liv. IV.
  2. Le texte : δυνατὰ ὁρᾶν. Ils peuvent voir et on peut les voir.