Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/894

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es pourtant, je pense, assez bon pour croire qu'ils ne voient pas ? Mais en vérité, Euthydème, on dirait que tu rêves tout éveillé, et s'il est possible de parler sans rien dire, tu en es bien capable. [300b] Là-dessus Dionysodore demanda à Ctésippe : Il est donc impossible de parler quand on ne dit rien ? — Impossible. — Et de se taire quand on parle ? — Moins possible encore. — Quand tu dis une pierre, du fer, du bois, ne dis-tu pas ce qui se tait ? — Je ne dis pas cela du fer, répondit Ctésippe ; quand, en passant dans une forge, je dis du fer, si on le heurte, je dis une chose qui retentit et qui crie. Ainsi cette fois, pour être trop sage, tu n'as pas vu que tu ne disais rien ; mais prouvez-moi maintenant le reste, que l'on peut se taire et parler à-la-fois.

[330c] Ctésippe me parut alors rassembler toutes ses forces pour plaire à son jeune ami.

Euthydème commença : Quand tu te tais, ne tais-tu pas toutes choses ? — Oui. — Tu tais donc aussi les choses qui parlent, car les choses qui parlent sont du nombre de toutes les choses ? — Mais, repartit Ctésippe, toutes les choses se taisent-elles ? — Non certainement, dit Euthydème. — Elles parlent donc toutes, mon cher ami ? — Celles qui parlent. — Ce n'est pas ce que