Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/899

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père d'Ion ; Jupiter n'est pas ainsi appelé chez nous, mais il s'appelle domestique et protecteur des tribus, comme Minerve s'appelle aussi protectrice des tribus. — Cela suffit, dit Dionysodore : tu as donc un Apollon, un Jupiter et une Minerve ? — Il est vrai. — Ne sont-ce pas tes dieux ? — Ce sont nos aïeux, lui dis-je, et nos maîtres. — Mais ils sont à toi, ne viens-tu pas de l'avouer ? — Oui, lui dis-je, car comment faire ? — Ces dieux ne sont-ils pas [302e] des animaux ? car tu as avoué que tout ce qui porte une âme est un animal ; et ces dieux ont une âme sans doute ? — Ils en ont une. — Ils sont donc des animaux ? Oui, des animaux. — Or, tu disais que parmi les animaux, tu peux à ton gré donner ceux qui sont à toi, les vendre, les sacrifier à quelque dieu. — Je le confesse, Euthydème, car il ne m'est plus possible d'échapper. — Viens donc, me dit-il. Puisque tu prétends que Jupiter [303a] et les autres dieux sont à toi, il t'est donc permis de les donner, de les vendre, ou d'en faire tout ce que tu voudras comme des autres animaux ? — Accablé par ce raisonnement, Criton, je me tus. Ctésippe voulut accourir à mon secours : Bon dieu, Hercule ! s'écria-t-il, l'admirable logique ! — Aussitôt, Dionysodore : Comment Hercule est-il bon dieu, ou bon dieu est-il Hercule ? — Ô