Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/898

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je me hâtai de lui répondre que je croyais que les premières étaient seules à moi. — N'appelles-tu pas animal ce qui a une âme ? [302b] — Oui, lui dis-je. — Tu avoues que les animaux dont tu peux faire ce que je viens de dire sont seuls à toi ? — Je l'avoue. — Dionysodore s'arrêta là malicieusement et feignit de rêver à quelque raisonnement profond. Puis il continua : Dis-moi, Socrate, n'as-tu pas un Jupiter paternel ? — Me doutant qu'il en voulait venir où effectivement il en vint, je cherchai un détour, et, comme pris au filet, je voulus me retourner, en répondant : Je n'en ai point, Dionysodore. — Vraiment, me répliqua-t-il, il faut que tu sois bien misérable, [302c] et que tu ne sois pas Athénien, pour n'avoir ni dieux, ni sacrifices paternels, ni toutes ces autres belles choses. — Doucement, Dionysodore, lui dis-je, pas de paroles de mauvais augure, et ne me reprends pas si rudement. J'ai des autels, des sacrifices domestiques et paternels, enfin en ce genre rien ne me manque de tout ce que possèdent les autres Athéniens. — Eh bien, répliqua-t-il, les autres Athéniens n'ont-ils pas un Jupiter paternel ? — Ce nom n'existe pas chez les Ioniens, lui répondis-je, ni dans les colonies d'Athènes ni à Athènes. Mais nous avons [302d] un Apollon paternel parce qu'il