Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/902

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vos écoliers d'en user de la sorte, et de n'en parler qu'entre eux ou avec vous ; car la rareté, Euthydème, met le prix aux choses, et l'eau, comme dit Pindare, se vend à vil prix[1] quoiqu'elle soit ce qu'il y a de plus précieux. Au reste, veuillez nous admettre, Clinias et moi, au nombre de vos disciples.

Après ces mots et quelques autres semblables, Criton, nous nous séparâmes. Vois donc si tu veux prendre avec nous des leçons [304c] de ces étrangers. Ils promettent d'apprendre leur art à quiconque veut les payer ; ils n'excluent aucun esprit ni aucun âge, et même, ce qu'il est bon que tu saches, ils assurent que rien n'empêche celui qui s'est adonné aux affaires, d'apprendre facilement leur art.

CRITON.

Véritablement, Socrate, j'aime beaucoup à entendre, et voudrais bien apprendre quelque chose ; mais je crains d'être du nombre de ceux qui ne ressemblent pas à Euthydème, et qui, comme [304d] tu l'as dit, auraient moins de honte de se voir réfutés que de réfuter eux-mêmes par de tels moyens. Ce serait folie à moi d'entreprendre de te donner des avis ; cependant je veux te ra-

  1. Olymp., I, 1.