Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/906

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


il est moins bon que chacun des deux pris à part pour la fin qu'ils se proposent ; et que s'il est composé de deux maux qui ne tendent pas au même but et s'il se trouve entre les deux, [306b] il sera meilleur que chacun des deux élémens dont il participe. De sorte que si la philosophie est une bonne chose et la politique aussi, et si toutes deux ont des fins différentes, ces gens-là participant de l'une et de l'autre et étant entre les deux, ne disent rien de bon et ne valent ni les philosophes ni les politiques ; que si la philosophie est un bien et la politique un mal, ils sont meilleurs que les uns, mais pires que les autres ; il faut que ce soient deux maux, c'est alors seulement qu'ils auront raison. Or je ne crois pas qu'ils avancent [306c] que la philosophie et la politique soient deux maux ; ni que l'un soit un mal, et l'autre un bien. Ceux donc qui participent de toutes les deux leur sont inférieurs en ce qui fait la valeur du philosophe et du politique ; ils sont de fait les troisièmes, et cependant ils tâchent de se mettre les premiers. Il faut bien avoir de l'indulgence pour leur prétention et ne pas s'en fâcher, mais aussi il ne faut pas les estimer plus qu'ils ne méritent ; car il faut être content de tout homme qui s'occupe [306d] de quelque chose de raisonnable et y travaille avec ardeur.