Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/905

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


pêchent que leur réputation ne soit universelle. Ils s’imaginent qu’ils remporteraient sans contredit la palme de la sagesse s’ils pouvaient décrier les philosophes comme tout-à-fait indignes d’estime ; dans leur opinion, ils sont bien les plus sages, mais dans les discussions particulières, [305d] quand ils y sont réduits, ils craignent d’être battus par ceux de l’école d’Euthydème. Ils croient être sages comme il convient ; car s’occuper un peu de la philosophie, et un peu de la politique, c’est justement ce qui convient, puisque ainsi ils participent de toutes les deux autant qu’il est besoin, et que, placés hors des dangers et des disputes, ils peuvent goûter tranquillement les fruits de leur sagesse.

CRITON.

Eh bien, Socrate, que penses-tu de ce qu’ils disent ? Il semble pourtant que leur discours a beaucoup d’apparence.

SOCRATE.

C’est vrai ; mais, comme tu dis, plutôt de l’apparence [306a] que de la réalité. Il n’est pas facile de leur persuader que l’homme et tout ce qui se trouve entre deux choses et participe de toutes les deux, s’il est composé de mal et de bien, est pire que l’un et meilleur que l’autre ; que s’il est composé de deux biens qui ne tendent pas au même but,