Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/93

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à moins qu’on ne suppose que Simonide s’exprime ainsi, en disputant en quelque sorte contre la sentence de Pittacus ; et que celui-ci ayant dit : Il est difficile d’être homme de bien, le poète, contestant cette maxime, lui répond : La chose n’est pas ainsi ; mais il est difficile sans doute de devenir homme de bien, Pittacus, véritablement. Ce véritablement ne tombe pas ici sur homme de bien ; et Simonide n’emploie pas cette expression, comme s’il pensait qu’il y a des gens de bien [343e] qui sont tels véritablement, et d’autres qui, étant gens de bien, ne le sont pas véritablement ; car ce serait, selon moi, une sottise dont Simonide était tout-à-fait incapable : mais il faut dire que le mot véritablement est transposé dans la pièce, et que le poète réplique ainsi au mot de Pittacus, en supposant une espèce de dialogue entre Pittacus et lui. Pittacus dit : O hommes ! il est difficile d’être vertueux. Simonide [344a] lui répond : Pittacus, ce que tu dis là n’est pas vrai : ce n’est pas être vertueux ; mais sans doute c’est devenir tel, carré des pieds, des mains et de l’esprit, façonné sans nul reproche, qui est difficile véritablement. De cette manière on voit que sans doute est ajouté avec raison, et que véritablement est bien placé à la fin. Et toute la suite de la pièce prouve que c’est là le vrai sens. On pourrait montrer, en insis-