Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/938

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selon lui peut-être aussi d'Antisthène ; cette maxime se retrouvant dans les successeurs d'Antisthène, les stoïciens.

PAGE 378. — Avec la sagesse nécessairement on fait bien et on réussit.

Ὀρθῶς πράττειν καὶ τυγχάνειν. BEKK., p. 410.

En général, dans toute cette discussion, il est très difficile de bien traduire τύχη, εὐτυχία et εὐπραγία. Εὐτυχία est proprement le bonheur, comme on dit en français avoir du bonheur pour réussir et avoir le don de réussir : le talent y est pour quelque chose, le sort pour beaucoup. Le mot bonheur étant nécessaire pour traduire εὐδαιμονία, et pouvant faire équivoque en français, nous avons traduit εὐτυχία par le don ou le talent de réussir. Pour εὐπράττειν, εὐπραγία, au contraire, il fallait choisir un mot équivoque, car le mot grec l'est et veut dire tantôt se bien conduire, tantôt être heureux. En français, être bien a presque les deux sens, ainsi que bien faire, bien-vivre. En français comme en grec, le mot bien, εὖ, représente une idée naturellement complexe, celle du bien moral et du bien physique dans leur opposition et leur harmonie ; cette idée dans sa complexité même étant inhérente à l'esprit humain, doit avoir produit dans toutes les langues une expression à double sens.