Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/95

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saison fâcheuse laissera aussi sans ressource le laboureur ; il en est de même du médecin : parce que le bon peut devenir mauvais, comme le témoigne un autre poète, qui dit : L’homme de bien[1] est tantôt méchant, tantôt bon. [344e] Au lieu que ce qui est mauvais ne saurait devenir mauvais, puisque de nécessité il l’est toujours. Ainsi ; lorsqu’une calamité sans ressource abat l’homme de ressource, le sage, l’homme de bien, il n’est pas possible qu’il ne devienne méchant. Tu dis, Pittacus, qu’il est difficile d’être homme de bien : il faut dire que sans doute il est difficile de le devenir, mais possible ; mais pour ce qui est de l’être,-c’est une chose impossible. Car tout homme est bon, lorsqu’il agit bien, et méchant lorsqu’il agit mal. [345a] Or, qu’elle est la bonne action par rapport aux lettres, celle qui rend l’homme bon en ce genre ? Il est évident que c’est l’action de les apprendre. Quelle est la bonne action qui rend le médecin bon ? C’est manifestement l’action d’apprendre ce qui est propre à guérir les malades ; car celui qui les traite mal est mauvais médecin. Mais qui peut devenir mauvais médecin ? évidemment celui qui en premier lieu

  1. Vers d’un gnomique, qui n’est pas Théognis, puisque Xénophon (Memorabil. 1, 2 ), les citant après des vers de Théognis, les attribue à un autre poète.