Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/96

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est médecin, et en outre bon médecin. Un tel homme seul peut devenir mauvais médecin. Mais nous, qui sommes ignorans dans la médecine, jamais en agissant mal nous ne deviendrons ni médecins, ni charpentiers, ni [345b] d’aucune autre profession semblable : or, quiconque ne devient pas médecin en agissant mal, ne deviendra assurément pas mauvais médecin. L’homme de bien pareillement peut quelquefois devenir méchant, par l’effet du temps, de la peine, de la maladie, ou de quelque autre accident : car le seul vrai mal est de se voir dépouillé de la science ; mais le méchant ne deviendra jamais méchant, parce qu’il l’est toujours ; et, pour qu’il le devînt, il faudrait qu’il commençât par devenir homme de bien. Ainsi cet endroit de la pièce tend à nous faire connaître [345c] qu’il n’est pas possible d’être vertueux, en ce sens qu’on persévère toujours dans cet état ; mais que le même homme peut devenir tour-à-tour vertueux et vicieux, et que ceux-là sont le plus long-temps et le plus vertueux qui sont aimés des dieux. Tout ceci est dit contre Pittacus, et c’est ce que la suite du poème fait encore mieux voir. Simonide y parle ainsi : C’est pourquoi je ne livrerai pas une partie de ma vie à un espoir vain et stérile, cherchant ce qui ne peut exister, un homme