Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1042

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à cause des événements singuliers et extraordinaires qui l’ont suivi. Si quelqu’un ajoute quelque foi à mes paroles et croit que j’ai eu de justes raisons de faire ce que j’ai fait, je suis content ; ce que j’ai dit suffit.



[352b] LETTRE VIII.

Platon aux parents et aux amis de Dion ; bonheur et sagesse.

Mais ce bonheur et cette sagesse, comment pourrez-vous les acquérir ? Je vais faire tous mes efforts pour vous l’apprendre. J’espère que mes conseils serviront non seulement à vous, quoiqu’ils vous intéressent plus particulièrement, [352c] mais encore à tous les Syracusains, et même à vos adversaires et à vos ennemis ; excepté pourtant ceux qui se sont rendus coupables de quelque impiété ; car de telles fautes sont sans remède, et personne ne peut les expier : mais faites attention à ce que je vais vous dire.

Depuis que la tyrannie a été renversée, toute la Sicile est divisée : les uns voudraient ressaisir le pouvoir absolu, les autres en être délivrés à jamais. Dans cette situation, le conseil qui semble le meilleur [352d] à la foule est celui dont l’exécution doit faire le plus de tort à nos ennemis, et procurer le plus d’avantage à nos amis. Mais il est bien difficile de faire beaucoup de mal aux autres sans en souffrir autant soi-même. Il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin des exemples de ce que j’avance. Regardez ce qui se passe chez vous, en Sicile, où les entreprises des uns excitent les représailles [352e] des