Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1057

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coudées, non des somptueuses étoffes d’Amorgine, mais des tissus de Sicile. Le nom de Cébès ne doit pas t’être inconnu : tu le trouveras dans les dialogues socratiques, discutant, sur l’âme avec Socrate et Simmias. C’est l’un de nos amis intimes.

[363b] Quant au signe qui distingue mes lettres sérieuses de celles qui ne le sont pas, je pense que tu ne l’as point oublié ; cependant songes-y avec la plus grande attention. Car tant de gens m’engagent à leur écrire qu’il n’est pas facile de s’en défaire ouvertement. Je commence mes lettres sérieuses par Dieu et les autres par les dieux.

Les ambassadeurs me pressaient de t’écrire et avec raison. Ils montrent un grand zèle à nous louer partout toi et moi, et surtout Philargos qui a dans ce moment la main malade. [363c] Philède, qui vient de la cour du grand roi, m’a aussi parlé de toi. Si ma lettre était moins longue, je t’écrirais ses discours, mais tu demanderas à Leptines de te les répéter.

Si tu n’as personne à qui tu puisses confier la cuirasse et les autres objets que je te prie de m’envoyer, donne-les à Terillos. Il fait continuellement la traversée : c’est d’ailleurs un de mes amis et fort instruit en philosophie. Il a épousé la fille de Tison, qui présidait à la police de la ville quand je m’embarquai.

Porte-toi bien, étudie la philosophie et excite les jeunes gens [363d] à en faire autant. Salue pour moi nos compagnons de jeux. Recommande à Aristocrite et aux autres de t’annoncer sans aucun retard quand il t’arrivera de ma part des lettres ou des écrits, et de te rappeler les choses que je te demande. N’oublie pas de rendre promptement à Leptines l’argent qu’il nous a avancé, afin que cet exemple engage les autres à mettre plus de zèle à nous servir.