Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1087

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sume cependant que c’est un don du ciel, et qu’il en est des hommes de bien comme des diseurs d’oracles et des devins vraiment divins : ce n’est ni l’art ni la nature qui les fait ce qu’ils sont, mais l’inspiration divine. Aussi les hommes de bien prédisent souvent aux États l’issue de leurs entreprises et les événements futurs d’après l’inspiration du ciel, avec plus de sagacité et de certitude que ceux mêmes qui rendent des oracles. Les femmes ne disent-elles pas souvent : c’est un homme divin ? Et les Lacédémoniens, quand ils veulent donner à quelqu’un un éloge extraordinaire, ne l’appellent-ils pas divin ? Souvent aussi Homère et les autres poètes se servent de la même expression. Quand Dieu veut faire du bien à une république, il lui donne des hommes vertueux, et quand il veut la punir, il la prive de ceux qu’elle possède. Il paraît donc que la vertu n’est ni un fruit de l’éducation, ni un don de la nature, mais un présent de la volonté divine.