Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/19

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possible que les uns fussent bons et les autres méchants si la vertu et le vice étaient de la même manière et en tout temps dans tous les hommes.

HERMOGÈNE.

Fort bien.

SOCRATE.

Par conséquent, si tout n’est pas de même à la fois et toujours pour tout le monde, et si chaque être n’est pas non plus différent pour chaque individu, il est clair que les choses ont en elles-mêmes une réalité constante, qu’elles ne sont ni relatives à nous, ni dépendantes de nous, et qu’elles ne varient pas au gré de notre manière de voir, mais qu’elles subsistent en elles-mêmes, selon leur essence et leur constitution naturelle.

HERMOGÈNE.

Je le crois, Socrate.

SOCRATE.

Maintenant en serait-il ainsi des choses sans qu’il en fut de même de leurs actions ? Et les actions ne sont-elles pas une espèce d’êtres ?

HERMOGÈNE.

Il est vrai.

SOCRATE.

Les actions se font donc aussi conformément à leur nature propre. Qu’il s’agisse, par exemple, de couper quelque chose, serons-nous