Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/213

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avant d’en avoir expulsé ce qui embarrasse ses fonctions; ceux-là pensent de même que l’âme ne peut profiter des connaissances qu’on lui pourrait présenter, avant qu’on ait traité le malade par la réfutation, qu’on lui ait fait honte de lui-même, qu’on l’ait purgé en quelque sorte en le délivrant des opinions qui font obstacle à la science, et qu’on lui ait appris à reconnaître qu’il ne sait que ce qu’il sait, et rien de plus.

THÉÉTÈTE.

C’est en effet la meilleure et la plus sage dis position où on puisse l’amener.

L’ÉTRANGER.

Nous devons donc convenir, Théétète, que la méthode de réfutation est la plus grande et la plus sûre de toutes les purifications; et celui qui n’en a pas subi l’épreuve, fut-il le grand roi lui-même, on doit le tenir pour impur au plus haut degré, mal élevé et difforme, précisément par rapport aux choses où l’homme qui aspire au vrai bonheur doit être le plus pur et le plus beau.

THÉÉTÈTE.

A merveille.

L’ÉTRANGER.

Eh bien ! quel nom donnerons- nous à ceux qui pratiquent cet art ? Pour moi, je craindrais de les appeler sophistes.