Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/239

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une manœuvre habile, s’est allé retrancher là dans une position inabordable.

THÉÉTÈTE.

C’est tout-à-fait mon avis.

L’ÉTRANGER.

Cependant si, en attendant, nous venons à dire qu’il exerce un art fantasmagorique, lui à son tour pourra facilement nous prendre par nos propres paroles, les retourner contre nous, et nous demander, puisque nous l’appelons faiseur de simulacres, ce que c’est précisément qu’un simulacre. C’est le cas, Théétète, de bien prendre garde à ce que nous répondrons à ce rude adversaire.

THÉÉTÈTE.

Nous lui citerons les simulacres qu’on voit dans l’eau et dans les miroirs, et puis les peintures, les moulures et toutes autres choses du même genre.

L’ÉTRANGER.

Il paraît, Théétète, que tu n’as jamais vu un sophiste.

THÉÉTÈTE.

Comment cela ?

L’ÉTRANGER.

Tu croirais qu’il ferme les yeux ou qu’il n’a pas d’yeux du tout.