Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/312

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nonçât-on tous à la suite les uns des autres, n’en formeront pas davantage un discours.

THÉÉTÈTE.

C’est impossible.

L’ÉTRANGER.

De même si on dit de suite lion, cerf, cheval, et tous les noms qu’on a donnés à ceux qui font des actions, un pareil assemblage ne fait pas non plus un discours. Soit qu’on assemble les mots de la première ou de la seconde de ces deux espèces, ils ne représentent ni action ni inaction, ni existence d’un être non plus que d’un non-être, tant qu’on ne mêle pas les verbes aux noms. Mais dès qu’on les mêle, ils s’accordent, et il en résulte aussitôt un discours, la première combinaison, le premier et le plus petit de tous les discours.

THÉÉTÈTE.

Qu’entends-tu par là ?

L’ÉTRANGER.

Lorsqu’on dit l’homme apprend, n’est-ce pas proférer un discours, le plus simple et le plus petit possible ?

THÉÉTÈTE.

Oui.

L’ÉTRANGER.

En effet, on désigne là quelque chose qui est, fut ou sera, et ce n’est pas là seulement nommer,