Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/503

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Heindorf. Pour rendre raison de la seconde partie de ce mot, il ne suffisait pas de laisser conjecturer au lecteur, comme le fait Heindorf, qu’elle est supposée par Socrate dériver de ἴσημι, savoir. Quant à ἐκβάλλοντας, au lieu de ἐμβάλλοντας, on ne le trouve dans aucun manuscrit, non plus que πιστήίμη : mais en revanche ces deux leçons se trouvent dans le second passage, d’où elles doivent nécessairement être reportées dans celui-ci, sous peine de laisser subsister une incohérence choquante entre deux passages qui doivent se rattacher l’un à l’autre et se correspondre. « Reprenons d’abord le mot ἐπιστήμη, science, en sorte qu’il vaudrait mieux prononcer le commencement, comme on le fait aujourd’hui, et au lieu de retrancher l’ε ajouter un ι, ἐπιιστήή. » Bekker, p. 114 : καὶ ὀρθότερόν ἐστιν ὥς περ νῦν αὐτοῦ τὴν ἀρχὴν λέγειν μᾶλλον ἢ ἐκβάλλοντας τὸ εἶ πιστήμην, ἀλλὰ τὴν ἐμβολήν ποηίσασθαι ἀντὶ τῆς ἐν τῷ εἷ ἐν τῷ ἰῶτα. Ce passage ainsi donné par tous les manuscrits, et accepté de tous les éditeurs, éclaircit et constitue le précédent, et renverse toutes les conjectures de Heindorf, qui, si elles étaient admises sur le premier passage, devraient faire considérer le second comme entièrement défiguré. La vraie critique impose le procédé contraire, et veut que le passage certain serve à expliquer le passage douteux, au lieu d’embrouiller celui-là par celui-ci.

Page 86. — Le mot θάλλω lui-même, végéter, me