Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/656

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espace de huit mille années. Je vais donc t’entretenir sommairement des lois et des plus beaux exploits des Athéniens pendant ces neuf mille ans. Une autre fois, quand nous en aurons le loisir, nous suivrons dans les livres [24a] mêmes les détails de cette histoire. En premier lieu, si tu compares vos lois avec les nôtres, tu verras qu’un grand nombre de celles qui existaient autrefois chez vous sont aujourd’hui en vigueur parmi nous. D’abord, la classe des prêtres[1] séparée des autres classes ; puis celle des artisans dans laquelle chaque profession travaille à part, sans se mêler avec aucune autre ; enfin la classe des bergers, celle des chasseurs [24b] et celle des laboureurs. Et tu le sais, la classe des guerriers est également séparée de toutes les autres, et la loi ne lui impose d’autre soin que celui de la guerre. De plus, les premiers en Asie, nous nous sommes servis des mêmes armes que vous, de la lance et du bouclier, instruits par la déesse qui vous les a données et ensuite les introduisit parmi nous. Quant à la science, tu vois qu’ici dès l’origine la loi en a réglé [24c] l’étude, depuis les connaissances qui ont pour objet la nature entière jusqu’à la divination et la médecine, allant ainsi des sciences divines aux sciences humaines, et étendant son

  1. Hérodote, II. 164. Diodore, I, 73. Strabon, XVII.