Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/66

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c’est qu’une fois parti pour le pays des morts, nul n’en revient ; c’est aussi que l’âme se rend dépouillée du corps auprès de ce dieu. Quant à moi, je trouve une conformité parfaite entre son pouvoir et son nom.

HERMOGÈNE.

Que veux-tu dire ?

SOCRATE.

Je vais t’expliquer ma pensée. Dis-moi quel est le plus fort lien pour retenir quelque part un animal quelconque, la force ou le désir ?

HERMOGÈNE.

Sans comparaison, c’est le désir.

SOCRATE.

Ne crois-tu pas qu’il échapperait beaucoup de monde à Haidès, s’il ne retenait par les plus forts liens ceux qui se rendent là-bas ?

HERMOGÈNE

Certainement.

SOCRATE.

Il faut donc que ce soit par la chaîne la plus puissante qu’il les attache, par le désir, et non pas par la contrainte.

HERMOGÈNE.

Oui.

SOCRATE.

Et n’y a-t-il pas bien des sortes de désirs ?