Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/663

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

celui qui a l’œil fixé sur ce qui passe, avec ce modèle périssable, ne fera rien de beau. Quant à l’univers, que nous l’appelions ciel ou monde ou de tout autre nom, il faut d’abord, comme pour toute chose en général, considérer s’il existe de tout temps, n’ayant point de commencement, ou s’il est né et s’il a un commencement. Le monde est né ; car il est visible, tangible et corporel. Ce sont là des qualités sensibles ; [28c] tout ce qui est sensible, tombant sous les sens et l’opinion, naît et périt, nous l’avons vu ; et tout ce qui naît, doit nécessairement, disons-nous, venir de quelque cause. Mais il est difficile de trouver l’auteur et le père de l’univers, et impossible, après l’avoir trouvé, de le faire connaître à tout le monde. Il s’agit, en outre, de savoir lequel des deux modèles l’auteur de l’univers a suivi, [29a] si c’est le modèle immuable et toujours le même, ou si c’est le modèle qui a commencé. Si le monde est beau et si celui qui l’a fait est excellent, il l’a fait évidemment d’après un modèle éternel ; sinon (ce qu’il n’est pas même permis de dire) il s’est servi du modèle périssable. Il est parfaitement clair qu’il s’est servi du modèle éternel ; car le monde est la plus belle des choses qui ont un commencement, et son auteur la meilleure de toutes les causes. Le monde a donc été formé