Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/666

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

qu’un être intelligent, et que dans aucun être il ne pouvait y avoir d’intelligence sans âme. En conséquence il mit l’intelligence dans l’âme, l’âme dans le corps, et il organisa l’univers de manière à ce qu’il fût, par sa constitution même, l’ouvrage le plus beau et le plus parfait. Ainsi, on doit admettre comme vraisemblable que ce monde est un animal véritablement doué d’une âme et d’une intelligence [30c] par la Providence divine.

Cela établi, il s’agit maintenant de dire à la ressemblance de quel être Dieu a composé le monde. Certes, ce ne peut être à la ressemblance d’aucune des espèces particulières qui existent ; car ce qui ressemble à ce qui est imparfait ne peut être beau : nous dirons donc que le monde est semblable à un être dont les autres êtres pris individuellement et par genres sont des parties, et qui comprendrait lui-même tous les êtres intelligibles, comme ce [30d] monde comprend et nous-mêmes et tous les êtres visibles. Dieu, voulant faire le monde semblable à ce qu’il y a de plus beau et de plus parfait parmi les choses intelligibles, en fit un animal visible, un et renfermant en lui tous les autres animaux, [31a] comme étant de la même nature que lui.

Mais avons-nous raison de l’avoir qualifié d’un ; ou ne serait-il pas plus juste d’admettre plusieurs