Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/684

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à l’espèce qui doit partager le nom des immortels, être appelée divine et servir de guide à ceux des autres animaux qui voudront suivre la justice et vous, [41d] je vous en donnerai la semence et le principe. Vous ensuite, ajoutant au principe immortel une partie périssable, formez-en des animaux ; faites-les croître en leur donnant des aliments ; et après leur mort recevez-les dans votre sein. »

Il dit, et, dans le même vase où il avait composé l’âme du monde, il mit les restes de ce premier mélange et les mêla à peu près de la même manière. L’essence de vie au lieu d’être aussi pure qu’auparavant, l’était deux et trois fois moins. Ayant achevé le tout, Dieu le partagea en autant d’âmes qu’il y a d’astres, [41e] en donna une à chacun d’eux, et, faisant monter ces âmes comme dans un char, il leur fit voir la nature de l’univers et leur expliqua ses décrets irrévocables. La première naissance sera la même pour tous, afin que nul ne puisse se plaindre de Dieu ; chaque âme, placée dans celui des organes du temps[1] [42a] qui convient le mieux à sa nature, deviendra nécessairement un animal religieux ; la nature humaine étant double, le sexe qu’on appellera viril, en sera la plus

  1. Les astres.