Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/685

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noble partie ; quand, par une loi fatale, les âmes seront unies à des corps, et que ces corps recevront sans cesse de nouvelles parties et en perdront d’autres, ces impressions violentes produiront d’abord la sensation, puis l’amour mêlé de plaisir et de peine, enfin la crainte et la colère, [42b] et toutes les autres passions qui naissent de celles-là ou leur sont contraires ; la justice consistera à dompter ces passions, l’injustice à leur obéir ; celui qui passera honnêtement le temps qui lui a été donné à vivre, retournera après sa mort vers l’astre qui lui est échu et partagera sa félicité ; celui qui aura failli sera changé en femme [42c] à la seconde naissance ; s’il ne s’améliore pas dans cet état, il sera changé successivement, suivant le caractère de ses vices, en l’animal auquel ses mœurs l’auront fait ressembler ; et ses transformations et son supplice ne finiront point avant que se laissant conduire par le mouvement du même et du semblable en lui, et domptant par la raison cette partie grossière de lui-même, composée tardivement de feu, d’air, [42d] d’eau et de terre, masse turbulente et désordonnée, il se rende digne de recouvrer sa première et excellente condition.

Quand Dieu eut donné ces lois aux âmes pour ne pas être à l’avenir responsable de leurs