Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/692

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pour être les gardiennes et les conservatrices de la vue, retiennent au dedans, en se fermant, la puissance du feu ; celle-ci comprimée ralentit et tempère les mouvements intérieurs ; de là le repos ; ce repos, quand il est profond, amène un sommeil mêlé de peu de songes ; mais s’il reste encore quelque mouvement trop rapide, ces mouvements, suivant leur nature et la place qu’ils occupent, [46a] engendrent des représentations des objets eux-mêmes, visions intérieures dont on se souvient au réveil. Quant à la faculté de reproduire des images, qui appartient aux miroirs et à toute surface brillante et polie, il n’est plus difficile de s’en rendre compte. Lorsque le feu intérieur et le feu extérieur, à cause de l’affinité qui est entre eux, s’unissent auprès d’une surface polie, et se mêlent l’un à l’autre de mille façons, [46b] il en résulte nécessairement des images fidèles, puisque le feu du visage ne fait plus qu’un, sur la surface polie et brillante, avec le feu de l’image. Cependant la droite semble être à gauche ; car, il n’arrive pas ici, comme dans les cas ordinaires, que chaque partie de celui qui regarde soit tournée vers la partie contraire de celui qui est vu ; tandis que la droite paraît à droite et la gauche à gauche, quand la lumière, composée de deux sortes de feux, est répercutée ; et cela arrive