Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/694

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

sairement[1]. Il nous faut suivre et exposer ces deux genres de causes, en traitant séparément de celles qui produisent avec intelligence ce qui est beau et bien, et de celles qui, dépourvues de raison, agissent au hasard et sans ordre. Nous en avons assez dit sur les causes secondaires qui ont donné à la vue la faculté qu’elle possède. Il nous reste à indiquer le plus grand des avantages que nous procure la vue, et pour lequel la Divinité [47a] nous a fait ce présent. La vue est pour nous, à mon sentiment, la cause du plus grand bien ; car personne n’aurait pu discourir comme nous le faisons sur l’univers, sans avoir contemplé les astres, le soleil et le ciel. C’est l’observation du jour et de la nuit, ce sont les révolutions des mois et des années, qui ont produit le nombre, fourni la notion du temps, et rendu possible l’étude de la nature de l’univers. [47b] Ainsi, nous devons à la vue la philosophie elle-même, le plus noble présent que le genre humain ait jamais reçu et puisse recevoir jamais de la munificence des dieux. Voilà ce que j’appelle le plus grand bien de la vue. Maintenant, pourquoi célébrer ses autres avantages moins précieux ? Celui qui n’est pas sage en regretterait la perte par des plaintes et des gémissements inutiles.

  1. Contre Anaxagoras. Voyez le Phédon, t. 1er, p. 277.