Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/698

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d’êtres ; il faut maintenant en admettre une troisième. Ces deux espèces nous ont suffi dans tout ce qui précède ; l’une intelligible et toujours la même ; c’est le modèle ; l’autre, visible et ayant un commencement, [49a] la copie de la première. Nous n’avons pas cherché une troisième espèce, ces deux-là paraissant nous suffire. Mais la suite de ce discours semble nous contraindre à introduire un nouveau terme, difficile et obscur. Et quelle puissance naturelle lui attribuerons-nous ? Celle surtout d’être le réceptacle et comme la nourrice de tout ce qui naît. Voilà la vérité ; mais il est nécessaire de s’expliquer plus au long : tâche pénible [49b] pour divers motifs, et surtout parce qu’elle nous oblige à nous étendre d’abord sur la nature du feu et des autres corps dont nous avons parlé en même temps. Car il n’est pas facile de dire, par exemple, quel est celui de ces corps qu’on doit appeler eau plutôt que feu, et en général pourquoi une certaine dénomination convient à l’un d’entre eux plutôt qu’à tous les autres ou à chacun des autres ; de sorte qu’il est malaisé d’avoir ici un langage ferme et assuré. Comment donc y parviendrons-nous ? par quels moyens ? et dans ces difficultés que pourrons-nous dire le vraisemblable sur ces différents corps ? D’abord nous voyons que celui que nous avons