Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/715

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séparent, il en faut deux et demie pour produire une seule partie d’eau. Reprenons tout cela d’une autre manière. Si le feu contient quelque corps appartenant [57a] à l’un des autres genres, et qu’il le dissolve par l’acuité de ses angles et de ses côtés, ce corps échappe à cette action dissolvante, lorsque ses parties se recomposent en prenant elles-mêmes la nature du feu ; car étant devenu semblable et identique au feu, il ne peut produire en lui aucune altération, ni en éprouver aucune de la part d’un être avec lequel il a une entière ressemblance ; au contraire, tant qu’un corps étranger se trouve contenu dans un autre, et combat contre plus fort que soi, il ne cesse d’être dissous. Lorsque, par exemple, un petit nombre de petits triangles [57b] se trouvent contenus dans un grand nombre de plus grands, et qu’ils y sont brisés et pour ainsi dire éteints, s’ils veulent se réunir sous la forme du corps qui les a vaincus, leur extinction cesse, le feu devient de l’air, l’air devient de l’eau. Mais, lorsque deux corps de dimensions différentes, mais de quantités égales, sont aux prises, la dissolution ne cesse que quand chacun des corps entièrement broyé et dissous se retire vers un corps de même nature que lui, ou que les plus petits corps étant vaincus, plusieurs se réunissent en un seul sous la forme de