Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/721

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ce sens que nous avons dit tout ce qui précède ; et nous allons dire de même ce qui nous paraîtra vraisemblable sur les questions qui viennent après. L’eau, mêlée de feu et composée de petits éléments, que l’on appelle liquide à cause de sa mobilité et du chemin qu’elle parcourt en coulant sur la terre, et qui cède facilement à la pression parce que ses bases sont moins solides que celles de la terre, acquiert une plus grande uniformité quand elle est isolée du feu et de l’air qu’elle contenait, [59e] se contracte par l’effet de la sortie de ces deux corps, et s’étant ainsi congelée, devient de la grêle, si ce dégagement a lieu principalement au-dessus de la terre, et si c’est sur la terre, du cristal. Mais, quand la séparation n’est pas complète, et que l’eau est encore à moitié fluide, si c’est au-dessus de la terre, elle s’appelle de la neige, et de la gelée, si c’est sur la terre, à la suite de la rosée. La plupart des espèces de l’eau sont, appelées des sucs, sans distinction et d’un nom commun au genre entier, [60a] parce qu’elles sourdent de terre pour nourrir les plantes. Et, comme ces sucs diffèrent entre eux, à cause de la diversité des mélanges dont ils sont le produit, ils forment, outre un grand nombre d’espèces qui n’ont pas reçu de nom, quatre espèces principales. Ce sont celles qui contiennent du feu ; elles sont plus