Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/735

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moins[1]. Ceux qui nettoient la langue et en lavent entièrement la surface, qui le font même outre mesure, et saisissent tellement la langue qu’ils en enlèvent quelque chose, [65e] comme fait le nitre : ceux-là sont appelés amers. Ceux qui, moins puissants que le nitre, nettoient la langue modérément, ceux-là sont salés, sans amertume ni rudesse, et nous paraissent plus agréables. Ceux enfin qui, échauffés et amollis par la température de la bouche, et recevant le feu qu’elle leur communique, brûlent à leur tour l’organe qui les échauffe, qui, emportés en haut à cause de leur légèreté vers les organes que contient la tête, déchirent en quelque sorte [66a] tout ce qu’ils rencontrent : tous ceux-là ont été appelés aigres à cause de ces phénomènes. Les mêmes objets, lorsqu’ils sont diminués par la putréfaction et qu’ils pénètrent dans les veines étroites, y rencontrent des parties de terre et des parties d’air, les agitent les unes contre les autres et les forcent à se mélanger, à changer de route après ce mélange, à entrer dans une autre veine et à y former des creux qu’ils distendent eux-mêmes ; dans ces creux, [66b] l’humeur intérieure qui environne l’air

  1. Opinion qui paraît empruntée à Alcméon (Théoph. de causis plantarum, VI, § 25 : Plutarch. de placitis philos. IV, 16 ) et à Diogène d’Apollonie (Plutarch., ibid. ).