Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/737

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ces corps n’exhale-t-il d’odeur, si ce n’est quand ils sont mouillés, ou putréfiés, ou divisés ou transformés en vapeur. Ainsi, des odeurs se développent quand [66e] l’eau se change en air, ou l’air en eau ; toutes les odeurs sont fumée ou nuage ; nuage, quand c’est l’air qui se change en eau, fumée, quand c’est l’eau qui se change en air. Il en résulte que les odeurs de l’eau sont plus fines, celles de l’air plus épaisses. On reconnaît cette nature de l’odeur, quand quelque chose arrête la respiration, et qu’on fait effort pour retenir son souffle en soi-même ; car alors il ne passe aucune odeur ; et on ne sent que le souffle dépourvu de toute odeur. [67a] C’est pour cela que les variétés de ces deux classe d’odeurs n’ont pas reçu de nom, et qu’on ne les divise ni en beaucoup d’espèces ni en un petit nombre, et que la seule distinction que le langage introduise entre elles, les range en agréables et désagréables ; les odeurs désagréables irritent et affectent violemment toute la cavité qui s’étend, du sommet de la tête jusqu’au nombril ; les autres caressent cette même partie, et la ramènent avec un sentiment de plaisir à l’état qui convient à sa nature.

Nous trouvons maintenant en nous un troisième organe, [67b] celui de l’ouïe, dont il faut expliquer les phénomènes. Disons en général