Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/746

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pour remédier à ce mal, [71b] formèrent le foie, et le placèrent dans la demeure de la passion ; ils le firent compact, lisse, brillant, doux et amer à la fois, afin que la pensée, qui jaillit de l’intelligence, soit portée sur cette surface comme sur un miroir qui reçoit les empreintes des objets et sur lequel on en peut voir l’image. Tantôt terrible et menaçante, la pensée épouvante la passion par le moyen de la partie amère que le foie contient, et qu’elle répand en un instant dans toute l’étendue de cet organe, qui prend alors la couleur de la bile, le comprimant tout entier, de manière à le rendre dur et rude ; [71c] détournant le lobe de son état naturel et le contractant ; obstruant et bouchant les ventricules et les issues, et produisant ainsi des douleurs et des souffrances. Tantôt une inspiration sereine partie de l’intelligence fait naître des images toutes contraires, apaise l’amertume en évitant de mettre en mouvement ou de toucher rien qui soit contraire à sa propre nature, se sert, pour agir sur la passion, de la douceur que le foie contient, [71d] rend toutes ses parties droites, lisses et dégagées. C’est ainsi que la partie de l’âme qui habite auprès du foie devient paisible et tranquille, qu’elle jouit pendant la nuit d’un repos convenable, et reçoit en songe des avertissements, parce qu’elle est privée de raison et