Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/748

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la loi [72b] établit des prophètes qui sont juges des oracles : on les nomme aussi quelquefois devins, parce qu’on ignore qu’ils ne font qu’interpréter les paroles ou les visions mystérieuses, sans être eux-mêmes des devins ; leur vrai nom est celui d’interprètes des devins. Telles sont les raisons pour lesquelles le foie est tel que nous l’avons dit et a été placé dans le lieu que nous lui avons assigné, pour servir à la divination. Tant que l’animal auquel il appartient vit encore, les signes que le foie présente sont plus clairs ; mais quand la vie s’est retirée, il devient obscur, et les signes qu’on y remarque sont trop équivoques pour qu’on en puisse tirer [72c] des présages certains. Le viscère qui l’avoisine a été mis et disposé à sa gauche, afin de le maintenir toujours brillant et pur, comme une éponge destinée à nettoyer un miroir et toujours prête à cet usage. Ainsi, quand les maladies du corps ont répandu des ordures sur le foie, le corps spongieux de la rate, étant dépourvu de sang, remet toutes ses parties en bon état : [72d] quand la rate est remplie de ces ordures, elle est tendue et gonflée ; puis, elle se resserre et revient à son état naturel lorsque le corps a été purgé.

Voilà la nature de l’âme, voilà ce qu’il y a en elle de mortel et ce qu’il y a de divin ; voilà comment, par quels moyens et pour quelle cause