Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/749

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ces deux parties ont été placées dans des lieux séparés. Si la divinité déclarait, par un oracle, que tout ce que nous venons de dire est conforme à la vérité, alors seulement nous pourrions l’affirmer ; mais que cela soit conforme à la vraisemblance, en y réfléchissant encore maintenant avec plus d’attention, je crois que nous pouvons prendre sur nous de l’admettre, et nous l’admettons en effet. [72e] Poursuivons de la même façon les recherches qui doivent suivre : il nous reste à traiter de la formation des autres parties du corps. Voici le principe qui a partout présidé à cette formation.

Les auteurs de l’espèce humaine avaient prévu que nous nous porterions avec intempérance vers le boire et le manger, et que par gourmandise nous dépasserions de beaucoup ce qui est convenable et nécessaire : en conséquence, afin que nous ne fussions pas détruits immédiatement par les maladies, et dans la crainte que la mort ne mît fin avec le temps [73a] à l’espèce humaine, ils disposèrent ce qu’on appelle le bas-ventre, pour servir de réceptacle au superflu des boissons et des aliments, et ils l’entourèrent des replis de nos intestins, de peur que la nourriture, traversant rapidement le corps, ne fît naître trop tôt le besoin de la renouveler, et, en nous rendant gourmands et insatiables, ne nous