Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/764

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dans l’autre ; l’air qui pénètre à l’intérieur tombe sur le feu et s’échauffe, tandis que celui qui sort se refroidit. La chaleur changeant ainsi de place, et l’air qui occupe une des issues étant devenu le plus chaud, le feu intérieur, qui tend à se réunir à ce qui lui est semblable, se porte aussitôt vers lui, et pousse l’air extérieur qui environne l’autre issue ; celui-ci subit le même changement et produit le même effet ; et, ballotté ainsi de part et d’autre dans un cercle continuel d’action et de réaction, il donne naissance à l’aspiration et à la respiration.

Il faut chercher dans la même loi[1] [80a] la cause des phénomènes que l’on remarque dans les ventouses dont se servent les médecins, dans la déglutition, dans la ligne que suit un corps lancé en l’air, soit qu’il s’élève vers le ciel, soit qu’il tombe vers la terre, dans les sons rapides ou brefs qui paraissent aigus ou graves et qui forment tantôt des dissonances, parce que les mouvements qu’ils produisent en nous sont dissemblables, et tantôt des consonnances, parce

  1. C’est ici le passage célèbre d’où Stalbaum conjecture que Platon connaissait la loi universelle de l’attraction et de la répulsion. Voyez le commentaire de Plutarque, Quœst. Platon. VI. Voyez aussi dans Alexandre d’Aphrodise, Quaest. natur. II, 23, l’opinion d’Empédocle et celle de Démocrite ; enfin Galien, De nat. facult. I, 14.