Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/780

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Mais c’est là un autre ordre de considérations.

[87c] Il est convenable, il est à propos de traiter maintenant le sujet qui correspond à celui-là, par quels moyens on doit maintenir l’âme et le corps en bon état. Il vaux mieux parler de ce qui est bon que de ce qui est mauvais. Or ce qui est bon est beau, et rien n’est beau sans harmonie ; il faut donc admettre que tout animal qui est beau et bon, est plein d’harmonie. Nous ne tenons compte que des moindres harmonies, nous ne sentons que celles-là, et nous laissons de côté les plus grandes [87d] et les plus importantes. Par exemple, pour la santé et les maladies, pour la vertu et les vices, rien n’importe plus que l’harmonie entre le corps et l’âme. Cependant nous n’y faisons pas attention ; nous ne réfléchissons pas que quand un corps faible et chétif traîne une âme grande et puissante, ou lorsque le contraire arrive, l’animal tout entier est dépourvu de beauté ; car il lui manque l’harmonie la plus importante ; tandis que l’état contraire donne le spectacle le plus beau et le plus agréable qu’on puisse voir. [87e] Supposez que le corps ait une jambe inégale ou quelque autre membre disproportionné ; en même temps que cette difformité l’enlaidit, elle fait naître des difficultés et des spasmes, dès qu’on veut s’appliquer à un travail ; le corps vacille, tombe et se cause à lui-