Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/787

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animaux, ce que nous ferons en peu de paroles, parce qu’il n’est pas nécessaire de s’y arrêter longuement : nous conserverons ainsi la mesure convenable à un pareil sujet. Voici donc ce qu’il faut en dire. Les hommes lâches, et qui ont été injustes pendant leur vie, sont, suivant toute vraisemblance, changés en femmes dans une seconde [91a] naissance. Les dieux firent en même temps le désir de la cohabitation ; ils mirent en nous un animal vivant, et ils en mirent un autre dans les femmes, et arrangèrent l’un et l’autre de la manière suivante. Le canal par lequel les breuvages, passant à travers le poumon, tombent dans la vessie au-dessous des reins, s’y mêlent, avec de l’air, et s’échappent ensuite de la vessie qui les a reçus ; ce canal admet par une ouverture la moelle qui descend de la tête par le cou et le long [91b] de l’épine, et que nous avons précédemment appelée le sperme[1] ; et ce sperme étant animé et vivant, et s’échappant par l’issue qu’il rencontre, donne à l’animal le désir de l’émettre, et produit l’amour. C’est pour cela que les parties génitales de l’homme sont d’une nature si indo-

  1. Cette opinion du sperme venant du cerveau semble empruntée à Alcméon, Aristote, De generat. anim., III, 2 ; De hist. anim., VII, 1. Voyez quelle était aussi l’opinion d’Empédocle, Arist., De gen. an., l, 8 ; Galien, De semine, II, 3, 10, etc.