Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/786

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forces de ce côté, doit nécessairement, s’il atteint la vérité, [90c] penser aux choses immortelles et divines ; et autant qu’il est donné à la nature humaine d’obtenir l’immortalité, il ne lui manque rien pour être immortel ; et comme il a toujours cultivé la partie divine de lui-même et honoré le génie qui réside en lui, il jouit du souverain bien. Au reste, nous n’avons tous qu’un seul moyen pour cultiver toutes les parties de nous-mêmes, c’est de donner à chacune les mouvements et les conversions qui lui sont propres. Or ce qu’il y a de divin en nous est de la même nature que les mouvements [90d] et les cercles de l’âme du monde. Il faut donc que chacun de nous, à l’exemple de ces cercles, corrige les mouvements qui sont déréglés dans notre tête dès leur origine même, en se pénétrant de l’harmonie et du mouvement de l’univers ; qu’il rende l’esprit qui conçoit conforme à l’objet conçu, comme cela devait être dans l’état primitif, et que par cette conformité il soit en possession de la vie la plus excellente que les dieux aient accordée à l’homme pour le présent et pour l’avenir.

[90e] Maintenant, il semble que nous avons presque achevé là tâche qui nous a été imposée en commençant, de parcourir l’histoire de l’univers jusqu’à la génération de l’homme. Il nous reste seulement à parler de la génération des autres