Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/796

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j’ai droit à votre indulgence ; car il ne faut pas oublier que, loin d’être aisée, c’est la chose du monde la plus difficile, que de rendre ce qui nous touche de si près d’une manière satisfaisante. Voilà, Socrate, ce que j’étais bien aise de vous rappeler ; voilà comment je réclame, non pas seulement un peu, mais beaucoup d’indulgence pour ce que j’ai à vous dire. Si ma demande vous paraît juste, c’est à vous de me l’accorder de bonne grâce.

SOCRATE.

Quel motif aurions-nous de te la refuser, Critias ? Loin de là, il nous faut en accorder tout autant à Hermocrate, qui va parler le troisième ; car je ne doute pas qu’il ne vienne à son tour nous adresser tout à l’heure les mêmes prières. Que ce soit donc chose convenue, et qu’assuré par avance de notre indulgence il prenne son exorde ailleurs, et ne soit pas obligé de répéter le tien. Au reste, mon cher Critias, afin de te faire connaître la disposition du parterre, tu sauras que la représentation qu’on vient de nous donner a complètement réussi, et que tu auras besoin de la plus grande faveur pour soutenir la concurrence.

HERMOCRATE.

Je me tiens pour averti, Socrate, aussi bien que Critias. Après tout, Critias, jamais des lâches