Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/797

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n’ont élevé de trophées. Commence donc avec courage, et, après avoir invoqué Apollon et les Muses, fais-nous connaître et chante les hauts faits de nos antiques concitoyens.

CRITIAS.

Tu fais le brave, mon cher Hermocrate, parce que ton tour est remis à demain, et qu’un autre doit passer avant toi ; mais tu sauras bientôt ce qui en est. Je veux cependant répondre à tes exhortations et à ton courageux appel ; et, outre les divinités que tu as nommées, j’invoque encore toutes les autres, et surtout Mnémosyne ; car la plus grande partie de ce que j’ai à dire dépend d’elle ; et si la mémoire me rappelle fidèlement, et me permet de vous retracer les vieux écrits des prêtres égyptiens que Solon nous a apportés, je me flatte que le parterre trouvera ma tâche assez bien remplie. Ainsi, mettons-nous à l’œuvre sans plus de retard.

Remarquons d’abord que, selon la tradition égyptienne, il y a neuf mille ans qu’il s’éleva une guerre générale entre les peuples qui sont en deçà et ceux qui sont au delà des colonnes d’Hercule. Il faut que je vous la raconte. Athènes, notre patrie, fut à la tête de la première ligue, et à elle seule acheva toute cette guerre. L’autre était dirigée par les rois de l’Atlantide. Nous avons déjà dit que cette île était plus grande que