Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/798

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l’Asie et l’Afrique, mais qu’elle a été submergée par des tremblements de terre, et qu’à sa place on ne rencontre plus qu’un limon qui arrête les navigateurs, et rend la mer impraticable. Dans le cours de mon récit, je parlerai à leur tour de tous les peuples grecs et barbares qui existaient alors : mais je dois commencer par les Athéniens et par leurs adversaires, et vous rendre compte de leurs forces et de leurs gouvernements. En suivant cette marche, c’est de notre ville que je dois m’occuper d’abord.

Les dieux se partagèrent autrefois les différentes contrées de la terre, et ce partage eut lieu sans contestation ; car il serait absurde de croire qu’ils eussent ignoré ce qui convenait à chacun d’eux, ou que, le sachant, ils se fussent disputé leur part les uns aux autres. Ayant donc obtenu de la justice du sort le lot qui leur était agréable, ils s’établirent dans la contrée qui leur échut, et prirent soin des hommes qui leur appartenaient et qu’ils devaient nourrir, comme des bergers ont soin de leurs troupeaux. Ils n’employèrent cependant pas la violence, comme des bergers qui mènent leurs troupeaux avec un bâton ; mais ils traitèrent l’homme comme un animal docile, et, en pilotes habiles, ils se servirent de la persuasion comme d’un gouvernail pour diriger et conduire à leur gré l’es-